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Effluve
Une porte claque et une effluve s'en échappe,
Déjouant la vigilance de son cuisinier,
Et cet arôme fugace, m'enlace et me happe,
Evocation olfactive des fruits du prunier.
Flux de souvenirs, vagues d'images parfumées,
Je retrouve mes dix ans, revois la tourte chaude
Un pâté aux prunes et ses relents sans cesse humés,
Dessert royal en présence de la reine-claude.
Départ vers le verger, source de mes tentations,
Cueillir les drupes charnues, tant prisées des
abeilles,
Prunes à la pruine givrée, volées pour collation,
Par ma bouche éprise d'une saveur sans pareille.
Retour à la cuisine, tablier blanc de mise,
Cavalcade sur la table, écrins verts aux cœurs bruns,
Puis mains farinées, malaxer une pâte bise,
Ainsi le boulanger, les deux mains dans le pétrin.
Et je revois ma mère qui, retroussant ses manches,
Chemisait sa tourtière, la garnissant de fruits,
Jolies billes pulpeuses, poudrées de neige blanche,
Coiffées d'un couvre-chef, et disparaissant sans
bruit.
Pauvre dessert, enfourné dans sa prison torride,
Non sans nous faire grâce de son bouquet puissant,
Attente de cet instant dont nous étions avide,
De libérer le condamné en l'engloutissant.