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Cette page a été mise à jour le 15-12-2012 |
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Barra A
noter que j'ai nommée cette variété "Barra" du nom de son obtenteur, en fait elle
n'avait pas encore de nom en 1851, ma recherche se poursuit, si vous connaissez
son vrai nom, je prends NDLR
Extrait d'un rapport de la Société d'Horticulture de la Côte d'Or suite à une
exposition à Dijon en 1851 :
1°La pomme de terre qui vous a été présentée par M. Barra, jardinier, a été
obtenue par lui de semis en 1847
2° Cette pomme de terre se distingue facilement par son extrême précocité de
toutes les variétés dites tardives ou printanières, à l'exception de la pomme de
terre de quarante jours;
3° Elle a des caractères qui la rapprochent de cette dernière. Elle demande à
près peu le même temps pour mûrir, a des tiges couchées peu volumineuses et
l'aspect général de la Marjolin ; voilà pour les ressemblances. Quant aux
caractères qui lui sont propres, nous avons constaté une végétation plus
vigoureuse, une organisation plus robuste; elle nous a semblé extrêmement
productive. Les tubercules, groupés à la base de la plante, sont tellement
serrés les uns contre les autres, qu'ils se touchent souvent sans interposition
d'aucune couche de terre. Aucun d'eux n'est éloigné, de telle sorte qu'à une
distance de cinq à six pouces on n'en rencontre plus. Nous avons constaté qu'il
y avait souvent plus de quarante tubercules agglomérés dans l'étroit espace dont
nous venons d'indiquer à peu près les limites. Ces tubercules, légèrement
allongés, d'une couleur rouge vineuse, claire à la 'surface, ont des écailles
larges, des yeux bien formés et présentent une teinte jaune à l'intérieur et une
ligne violette irrégulière à une distance d'environ un demi-centimètre des bords
de la section ;
4° La quantité de fécule extraite d'un kilogramme de pommes de terre fraîches a
été constamment de 135 à 150 grammes ;
5° Quant à ses qualités alimentaires, elle a été trouvée supérieure à la
Marjolin, et digne d'être comptée parmi les pommes de terre de bonne qualité ;
mais il est de la vérité de dire que sa chair prend par la cuisson une couleur
sale peu agréable à l'oeil ;
6° Cultivée presque sans soins, dans un jardin dont le sol est de qualité
médiocre, elle a bien végété et beaucoup rendu , quoique les plants ne fussent
pas espacés de plus d'un pied ;
7° Cultivée dans la campagne, elle nous a paru propre à la grande culture.
De l'ensemble de tous ces faits, votre commission a conclu, Messieurs , à
l'unanimité : Que la pomme de terre présentée par M. Barra est nouvelle, bien
distincte de toute autre, et qu'elle possède des qualités réelles qui lui
assurent une place distinguée dans la culture maraîchère.
Mais que c'est surtout dans la culture en grand qu'elle paraît destinée à offrir
de très grands avantages, en permettant de remplacer les espèces connues par une
variété qui pourra être récoltée avant l'époque où se déclare la maladie, et
d'éviter de la sorte les funestes atteintes de ce fléau. .
Elle engage donc M. Barra à multiplier ces essais en en plantant l'année
prochaine une aussi grande quantité que possible dans les différents terrains
dont il pourra disposer, et elle n'hésite pas à déclarer que si, comme tout
semble l'indiquer, ces essais sont couronnés de succès, M. Barra aura rendu un
service signalé à l'agriculture.
Rapport sur la
pomme de terre de M. Barra,
réalisée par la Société d'Horticulture de la Côte d'Or suite à une visite le 16
août 1852. Extraits :
Le 5 octobre 1851, à une séance de la Société, il fut donné lecture d'un rapport
constatant l'examen auquel s'était livrée une commission, sur une pomme de terre
provenant des semis de M. Barra, horticulteur, demeurant au faubourg Porte-Neuve,
à Dijon.
La commission déclarait que « cette pomme de terre était nouvelle, "bien
distincte de toute autre, possédant des qualités réelles qui lui assuraient une
place distinguée dans la culture maraîchère, et qu'elle paraissait même d'une
telle précocité, que l'on pouvait espérer, en lui faisant prendre la place des
espèces anciennes et même des espèces printanières, que la récolte en serait
faite avant l'époque à laquelle se déclare la maladie qui atteint cette plante
si précieuse
M. Barra avait été invité à multiplier ses essais, en plantant cette espèce
nouvelle en aussi grande quantité que possible, afin qu'elle pût être examinée
comme produit de grande culture rurale.
Ce fut pour faire constater les résultats de ces essais qu'au printemps dernier
M. Barra demanda à la Société qu'il fût nommé une commission.
Le lundi 16 août, cette commission avait été convoquée.
Ils furent conduits par M. Barra à un champ situé à une certaine distance de la
ville, au climat dit de Grésille. Ce champ, de la contenance de vingt-cinq ares
environ, d'une nature de terre franche, argileuse, légère, d'une profondeur de
trente-trois centimètres, offre, sous cette couche de terre végétale, une marne
blanche, friable , mêlée de pierres. La quantité dé plantes marécageuses dont il
est couvert dans le tiers environ de sa surface annonce que dans cette partie
les eaux pluviales s'écoulent difficilement. Le surplus du champ, qui monte par
une pente assez forte du nord au sud, n'offre pas ces traces d'humidité
permanente. Aussi les tiges de pommes de terre y étaient-elles beaucoup plus
fortes, en meilleur état de végétation. Néanmoins, ce champ était envahi par les
herbes ; les touffes de pommes de terre n'avaient pas même eu le buttage, qui, à
bon droit, est considéré pour ce tubercule comme l'opération la plus
essentielle. Enfin, on reconnaissait facilement que la culture y avait été
négligée à un point qui serait inexplicable, si M. Barra n'avait eu pour but de
prouver combien, pour cette plante nouvelle, il fallait peu de soins et de
culture même dans les sols les plus infertiles.
Les touffes de pommes de terre étaient distantes entre elles d'environ quarante
centimètres ; une partie des tiges était desséchée, mais un grand nombre d'entre
elles annonçaient encore une végétation qui n'était peut-être qu'un résultat des
pluies constantes de la saison.
Procédant à l'arrachement des tubercules, nous avons été frappés du peu de
profondeur à laquelle ils se trouvaient. Le sol gratté à la main, sur une couche
d'à peu près trois centimètres, on les apercevait rassemblés en tas, serrés et
en bloc, sans aucune parcelle de terre intermédiaire, de même que s'ils avaient
été déposés dans un silo. La cavité occupée par le produit de chaque touffe
n'excède jamais quinze à dix- sept centimètres cubes, et contient de quinze à
vingt-cinq et même trente tubercules et plus, presque tous d'une grosseur
moyenne satisfaisante et souvent remarquable. Leur couleur est d'un rouge
brillant.
Les
tiges, au nombre de cinq à six , de trente-trois centimètres de longueur
environ, n'ont que des racines chevelues, en petit nombre et très courtes.
Des différentes observations par nous constatées, nous avons pensé devoir
conclure que cette pomme de terre trouve et ne cherche qu'à une profondeur peu
considérable les conditions et les sucs nécessaires à sa végétation, et ne cause
par conséquent qu'un léger effritement au
sol, avantage qu'elle a sur les espèces tardives et même certaines printanières,
qui descendent plus profondément et quêtent à une plus grande distance des
tiges.
La constante agglomération qu'on observe sur les tas produits de chaque touffe
indique qu'on peut la planter à un degré de rapprochement vraiment incroyable.
Interrogé par nous sur le rendement probable de ce champ de vingt-cinq ares, M.
Barra nous dit qu'il l'évaluait à cent
doubles-décalitres; produit considérable pour une surface si peu étendue, dans
un sol si peu profond, et dans un état de culture si négligée.
La visite du champ de Grésille terminée, M. Barra nous a conduit au jardin qu'il
possède derrière la rue Chaude, au faubourg Porte-Neuve, et nous a prié de
constater l'état d'un carré assez important de ce jardin consacré par lui à la
plantation de cette même pomme de terre :
les circonstances du rapprochement des touffes, de l'agglomération des
tubercules, de leur grosseur et de leur produit, du nombre et de la force des
tiges, du nombre et du peu d'importance des racines, nous ont paru les mêmes
qu'au champ de Grésille, et cependant la nature du sol, plus léger, plus
friable, plus profond et mieux amendé, mieux cultivé,
est bien plus favorable au développement d'une végétation vigoureuse.
Cette similitude d'habitude et de rendement dans des conditions si différentes
de fertilité, de perméabilité du sol, nous a paru précieuse à constater, en ce
qu'elle dénote que la pomme de terre de M. Barra, pour donner ses plus riches
produits, se contente, sans la moindre chance de diminution dans le rendement de
sa récolte, et du sol le moins fertile, et de la culture la plus négligée ;
conditions qui, dans la balance des grandes cultures rurales, présente les
avantages les plus séduisants. Sous ce double rapport, la commission est d'avis
que cette espèce nouvelle doit sortir du cercle des cultures maraîchères, et
mérite d'être vivement recommandée à la grande culture rurale.
Reste la question la plus grave, celle de la maladie. La pomme de terre de M.
Barra est-elle d'une nature, d'une organisation telles, qu'elle puisse braver
les atteintes d'un fléau qui étend ses ravages sur toutes les espèces connues
?... C'est au temps et à l'expérience à décider cette question. Toutefois , si
on considère que l'espèce dont il s'agit est des plus printanières en sa
maturité, et que la visite de la commission a eu lieu le 16 août, c'est-à-dire
six semaines au moins après l'époque à laquelle la récolte en aurait pu et
peut-être dû être faite, on doit reconnaître que cette circonstance semble
indiquer que la pomme de terre de M. Barra a, sur toutes les espèces connues, le
grand avantage d'être beaucoup moins susceptible des atteintes de la maladie. Il
est prouvé, en effet, que cette lèpre, terrible en ses résultats , attaque les
pommes de terre dès le commencement de juillet, et qu'elles y sont d'autant plus
exposées qu'on les laisse plus longtemps en terre après leur maturité accomplie;
Il est à constater ici que la pomme de terre de M. Barra, dont la précocité
atteint à peu de différence près l'espèce dite "Marjolin", ne nous a offert, au
16 août, pas un seul tubercule malade.
Ainsi la commission , si elle ne peut aller jusqu'à proclamer cette nouvelle et
précieuse espèce comme étant par sa nature hors des atteintes de la maladie, est
néanmoins d'avis que, plus que toutes celles connues , elle présente les gages
les plus satisfaisants sous ce rapport. Elle croit devoir la signaler comme
devant être employée de préférence à toute autre, dans la grande culture
surtout, pour l'exécution de cette méthode nouvellement et ingénieusement
imaginée de semer la pomme de terre en novembre pour la récolter en juin ,
époque antérieure aux premières apparitions d'un fléau que l'on espère, par ce
procédé, combattre avec avantage.
Rentrés au domicile de M. Barra, on nous a présenté cette même pomme de terre
qui venait d'être cuite par le procédé dit à l'étouffée...
Invités à examiner les caractères qu'elle présente après sa coction, nous
l'avons trouvée à peu près semblable aux autres espèces printanières comme elle
; elle est moins farineuse que les espèces tardives, mais elle n'a rien de moins
agréable que les autres printanières quant au goût ; sa couleur est d'une teinte
vineuse jaunâtre; elle paraît se diviser peu en cuisant, et, sous ce rapport,
ressemble à la "Vitelotte", si connue à Paris et si recherchée pour les mets où,
d'après les préceptes culinaires, la pomme de terre doit conserver sa forme
intacte. Nous ne
terminerons pas sans noter ici qu'après notre visite au champ de Grésille, et
dans une partie voisine de ce même champ , M. Barra nous a montré les produits
d'un grand nombre de semis de diverses pommes de terre. Sur vingt et quelques
espèces différentes, il en est plusieurs
qui semblent offrir des conditions heureuses, soit pour le volume et la
précocité, soit pour l'abondance du produit, et nous croyons remplir un devoir
en. signalant à la Société ces nouveaux essais d'un de ses membres qui justifie
à tant de titres les espérances que son zèle et sa constance avaient fait
concevoir à ses collègues.
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